dimanche 31 décembre 2017

Lectures de l'année 2017 : Top 15 et Flop 5


Année 2017 : Tops et flops
 
 

Bonjour à toutes et à tous,
 
En ce 31 décembre, comme bon nombre de mes confrères et consœurs blogueurs et blogueuses, il est temps pour moi de vous faire part des mes divers coups de cœur et d'autres livres qui n'ont pas laissé un goût amer, mais disons plutôt un goût de trop peu...sur mes 53 lectures de l'année.

A. Mes coups de cœur  (Top 15)
 
3) Un escargot tout chaud d'Isabelle Mergault
 
 
 
 
 
 
4) Un certain M. Piekielny de François-Henri Désérable
 
 
 
 
 
 
5) Ma Reine de Jean-Baptiste Andrea
 
 
 
   
 
 
6) Edmond Ganglion & fils de Joël Egloff
 
 
 
 
 
 
7) Mes dernières pensées sont pour vous de Philippe Bouvard
 
 
 
 
 
8) Marianne porte plainte de Fatou Diome
 
 
 
 
 
 
9) Je cherche l'Italie de Yannick Haenel
 
 
 
 
 
10) C'est le métier qui rentre de Sylvie Testud
 
 
 
 
 
11) Cent ans, c'est passé vite ! de Gisèle Casadesus
 
 
 
 
 
12) Une année pas comme les autres de Michel Drucker
 
 
 
 
 
13) La Trilogie Marseillaise de Marcel Pagnol
 
 
 
                            
 
 
14) Chroniques en Thalys d'Alex Vizorek
 
 
 
 
 
15) Excusez les fautes du copiste de Grégoire Polet
 
 
 
  
 
 
 
 
B. Mon classement Flop de l'année  (Flop 5)
 
Ce classement recouvre les livres que je considère comme les moins bons lus en 2017. Non pas qu'ils soient mauvais, mais ce sont des livres qui ne m'ont pas fait vibrer autant que ceux ci-dessus.
 
 
1) Le chant du départ de Michel Audiard
 
 
 
 
 
2) Les peaux rouges d'Emmanuel Brault
 
 
 
 
 
3) Une année particulière de Thomas Montasser
 
 
 
 
 
 
4) Survivre de Frederika Amalia Finkelstein
 
 
 
 
 
5) Ultime partie de Marc Dugain
 
 
 
 
 
Et voilà pour le bilan de lecture 2017 ! À l'année prochaine pour de nouvelles lectures que j'espère aussi palpitantes que celles de cette année !
 
Et merci pour votre fidélité puisque le blog a dépassé il y a quelques semaines les 10.000 vues d'articles  (10.449 à l'heure où j'écris l'article) !
 
Merci à vous !

lundi 25 décembre 2017

Mes dernières pensées sont pour vous - Philippe Bouvard


Mes dernières pensées sont pour vous
 
Philippe Bouvard


Bonjour à toutes et à tous,
 
Aujourd'hui, je vous présente un livre de pensées (comme le titre l'indique) d'un homme de télévision et de radio que j'admire beaucoup, père des Grosses Têtes sur RTL notamment, et homme à la pensée acerbe et rapide : M. Philippe Bouvard, qui nous régale une fois de plus avec ses meilleures "dernières pensées".


A. Caractéristiques du livre

Titre =  Mes dernières pensées sont pour vous
Auteur = Philippe Bouvard
Edition - Collection = Flammarion
Date de première parution =  2017
 
Note pour le livre = 17 / 20

 
B. Description de l'œuvre sur Babelio
Au terme d'une année de réflexion préalable qui lui a pris plus de temps que l'écriture, l'auteur de ce modeste ouvrage a enfin compris ce que Pascal voulait dire lorsqu'en 1647 il faisait amende honorable à la fin d'une très longue missive adressée à une correspondante : « Excusez-moi. Mais je n'ai pas eu le temps de faire plus court. ».

Peut-être pour se faire pardonner d'avoir dans l'exercice du journalisme tant tiré à la ligne en délayant sur trois feuillets ce qu'il aurait pu exprimer en trois lignes, Philippe Bouvard a donc choisi la concision comme ultime cheval de bataille. Ainsi, pour cet ouvrage qui constitue son chant du cygne, a-t-il parié qu'il pouvait traiter en trois lignes des sujets méritant souvent trois feuillets. Avec le souhait de divertir et de donner à penser aux lecteurs, ainsi que l'ambition de voir un jour l'un de ses mille trois aphorismes se transformer en sujet du bac !

 
C. Mon avis sur le livre
Ce livre est un vrai régal ! Sur des thèmes divers et variés (tels que l'amour, la vieillesse, la politique, le sexe ou encore la Mort ) classés dans l'ordre alphabétique, Philippe Bouvard nous livre des "dernières pensées" tantôt hilarantes, tantôt acerbes (parfois même les deux), mais jamais dénuées de vérité et de bon sens.

On reconnaît fort bien l'esprit de M. Bouvard, qui tint la maison Grosses Têtes pendant 37 ans, avec sa bande de joyeux drilles et dont les écrits possèdent toujours ce ton hilarant et acerbe à la fois. 


Un livre à recommander à tous ceux qui aiment M. Bouvard et l'esprit français.



D. Quelques bons passages du livre

J'aime les formules qui s'écrivent plus joyeusement et se retiennent plus facilement. J'aime économiser les mots. J'aime ciseler un axiome jusqu'à ce qu'il ait l'air d'être un proverbe volé à la sagesse populaire. Ma plus grande fierté serait que l'on attribue une de ces pensées à quelqu'un qui n'en est pas l'auteur mais auquel on reconnaît beaucoup plus de talent qu'à votre serviteur.  (p. 8)
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Qui vole un œuf vole un bœuf. Et, faute de recette pour les cuisiner ensemble, s'en va dîner au restaurant.  (p. 9)
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L'exactitude est la politesse des rois et l'impolitesse des horloges.  (p. 10)

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L'été, sur les plages, tant va la cruche à l'eau, que son mari finit par se bourrer la gueule.  (p. 11)
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Je vois au moins un avantage au mariage entre messieurs. Tandis que sur le perron de la mairie on photographie le premier baiser des nouveaux époux, les méchantes langues ne se demandent plus qui portera la culotte.  (p. 15)

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La différence entre les gouvernants et une gouvernante, c'est que la seconde ne dépense pas plus d'argent qu'elle n'en n'a.  (p. 27)

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Le principal miracle du cinéma, c'est de pouvoir raconter en quatre-vingt-dix minutes générique compris tout une vie de malheurs.  (p. 41)

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L'avantage du ménage à trois, c'est qu'il y en a toujours un disponible pour répondre au téléphone quand les autres sont occupés.  (p. 43)

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Tromper une femme aide à oublier qu'on s'est trompé de femme.  (p. 43)
 
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Le mariage à trois permettrait de donner enfin un statut légal au célibataire meilleur ami du mari lorsque, depuis plus de cinq ans, il est aussi l'amant de la femme.  (p. 44)

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Preuve qu'on peut tout acheter sauf la culture : elle est le seul luxe de certains pauvres. Et, pour les nouveaux riches, elle dépasse rarement l'épaisseur d'un vernis. (p. 47)

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Dans mon enfance, le certificat d'études primaires garantissait qu'on savait lire et écrire. Son équivalent est aujourd'hui le doctorat en lettres.   (p. 49)

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Le bilinguisme est la possibilité de baragouiner simultanément deux idiomes accordés à des jeunes gens qui ne s'expriment pas encore couramment en français.  (p. 50)


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Mourir très vieux donne plus de temps pour désespérer de l'espèce humaine et pour voir disparaître ceux qui font mentir l'optimiste statistique.  (p. 55)

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Compte tenu du nombre d'actes et de propos prohibés par les lois accumulées, on gagnerait du temps et on économiserait du papier en n'affichant plus que ce qui est permis.  (p. 59)

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Il faut multiplier les logements sociaux car ils allègent la dépense locatives des amis du maire ou des protégés du parti majoritaire. (p. 60)

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La femme ne progressera pas sur l'échelle sociale tant qu'elle s'obstinera à monter sur une table dès qu'elle aperçoit une souris.  (p. 67)

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La gastronomie, composante de la culture, est un alibi de goinfre.  (p. 73)


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De nos jours, la réussite sociale réside moins dans la reconnaissance du talent que dans la comptabilisation des efforts déployés pour faire croire qu'on en a.   (p. 82)

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Est-ce par inadvertance ou par hypocrisie qu'on dit toujours "à bientôt" à des gens qu'on ne souhaite jamais revoir et que généralement on ne reverra jamais ?   (p. 85)

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Cessons de regarder de travers ceux qui marchent droit dans une autre direction.  (p. 86)


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Je ne considérerai le jeu comme un commerce équitable que le jour où j'aurai rencontré des casinotiers ruinés comme leurs clients.  (p. 93)

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La présomption d'innocence est désormais accordée à tous les coupables. Sauf aux honnêtes croupiers de casinos dont on continue à coudre les poches de smoking.  (p. 93)

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Quel méchant diable a pu imaginer de donner le même nom de casino à un établissement de jeux et à un supermarché sachant qu'on ne pourra faire ses emplettes dans le second que si on n'a pas tout perdu dans le premier ?   (p. 94)

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Le sport : une actualité entièrement fabriquée par l'homme dont les dates ainsi que les lieux sont connus plusieurs mois à l'avance et dont les journalistes rendent toujours compte avec les mêmes mots.  (p. 96)

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L'actualité est ce dont on ne parlait pas hier, qu'on n'évoquera plus demain et qu'on ne mentionnera aujourd'hui que s'il n'y a pas plus catastrophique.  (p. 98)

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Les droits de l'homme feront un sacré progrès le jour où une loi définira le maquillage féminin et la chirurgie esthétique comme des tentatives d'escroquerie.  (p. 100)



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Contrairement aux femmes, c'est pour signifier qu'il n'est pas d'accord que l'avocat enlève sa robe.  (p. 100)

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Le philosophe donne son avis sur tout quand il n'est pas parvenu à le vendre.  (p. 105)

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On découvre que son médecin était incompétent le jour où il meurt.  (p. 113)

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La mort, châtiment suprême des hommes qui n'ont commis d'autres crimes que de vivre. (p. 119)


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La décomposition des corps a au moins le mérite de garantir qu'on n'aura plus à faire aucun effort physique dans l'au-delà.  (p. 119)


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On ferme les yeux des morts pour leur éviter le triste spectacle de la ruée des héritiers chez le notaire.  (p. 120)

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L'expression "pauvre mort" s'explique par le montant des droits de succession.  (p. 121)


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Les écologistes, opposés à l'éradication des platanes sur le bord des routes soutiennent que c'est la vitesse qui tue et pas les arbres. On pourrait en dire autant des armes qui ne donnent jamais la mort sans que les hommes appuient sur la détente.  (p. 128)

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On parle d'un mois d'automne comme d'un vieux séducteur : il a beaucoup plu...  (p. 128)

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Le candidat légitime remplace haut le pied le candidat naturel comme la corde soutient le pendu.  (p. 134)

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Le commerce doit ses succès à la clientèle; la politique, sa mauvaise réputation au clientélisme. Dans les deux cas, on est souvent trompé sur la marchandise.  (p. 135)

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On appelle transition démocratique la passation de pouvoir entre un dirigeant inconsolable de s'en aller et un successeur qui n'a reculé devant rien pour prendre sa place.   (p. 140)


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Il ne faut pas se moquer des ministres. On n'est jamais certain de ne pas le devenir un jour.  (p. 140)

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Le communautarisme est pointé du doigt et accusé de spires méfaits. Sauf quand il est européen.  (p. 144)


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Les nouveaux grands-parents ont moins de choses à enseigner à leurs petits-enfants que ces derniers n'en ont à leur apprendre.   (p. 145)

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S'ils ont respecté le vœu de chasteté, les ecclésiastiques qui dissertent de l'amour ne connaissent ce dernier qu'à travers les confessions. C'est-à-dire les ratages des modestes et les exagérations des vantards.  (p. 147)

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Le bon côté de ceux qui ne croient pas au paradis, c'est qu'ils n'ambitionnent pas d'envoyer ceux qui ne pensent pas comme eux en enfer.   (p. 149)


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Je préfère donner du "Monseigneur" au chef de la branche bonapartiste plutôt qu'à l'évêque. Je sais que l'Empereur a existé alors que, concernant Dieu, j'attends toujours une preuve.  (p. 151)


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L'homme a créé l'intelligence artificielle quand il s'est avisé qu'à l'état naturel il ne serait jamais très futé.  (p. 155)

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Ce que l'homme est parvenu à savoir de l'homme tient déjà davantage du miracle que de la science.  (p. 156)


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C'est l'omnipotence des méchants plus que la présence des bovins qui explique qu'on ait surnommé notre vieille planète le planche des vaches.  (p. 158)

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À quelle utilisatrice des sex-toys pourrait-on faire croire aujourd'hui que voilà à peine un siècle la bonne vieille machine à coudre était mise à l'index parce que ses trépidations excitaient la libido des petites mains ?  (p. 161)

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Il y aurait moins de célibataires si le plaisir solitaire n'était pas aussi efficace.  (p. 163)

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Tout le monde grimpe tellement sur tout le monde qu'on se croirait revenu à l'époque des pyramides.   (p. 166)

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Si toutes les girouettes était des éoliennes, le Palais-Bourbon produit la moitié de l'électricité consommée à Paris.   (p. 171)

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Si le pire n'est jamais sûr, le meilleur est la moins certaine des hypothèses.   (p. 173)


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Si j'avais été une femme, j'aurais vécu très confortablement de mes charmes. Sauf qu'aujourd'hui, je ne trouverais plus de clients que dans les rues mal éclairées.  (p. 178)

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Un bon mot peut être considéré comme réussi lorsqu'il fait sourire les dix premières secondes et donne ensuite à penser.   (p. 184)


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La cigarette électronique est le narguilé occidental. Elle autorise maintenant ceux qui avaient déjà condamné les voiles à proscrire la vapeur.   (p. 184)

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Le viager - exception française permettant de souhaiter légalement la mort de son prochain - commence par un bouquet et finit par une gerbe.  (p. 185)

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C'est parce que l'hypocrisie revient moins cher que la matière plastique qu'on recense beaucoup plus de faux-culs que de fessiers postiches.  (p. 187)


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J'aime la France plus que tous les autres pays. Je ne m'exprime qu'en français. Je n'apprécie pas la cuisine exotique. Je ne prends plus mes vacances qu'en France. Je place la littérature français du XIXe siècle au-dessus de toutes les autres. Résultat : au lieu d'être considéré comme un Français, je fais figure de franchouillard.  (p. 196)


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J'ai été gros joueur, gros perdant et jamais gros gagnant. le jeu est donc le seul régime qui m'a fait maigrir.  (p. 197)

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Grâce aux émissions culturelles, les mots sont souvent plus savants que ceux qui les emploient.  (p. 205)

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La politique anti-chômage ressemble au tango : un pas en avant, deux pas en arrière mais toujours trop de monde sur la piste.   (p. 213)

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On appelle supérieur hiérarchique (en insistant sur le qualificatif) les quidams dont seule la hiérarchie explique la supériorité.   (p. 214)

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Certains jours sur le réseau de la SNCF, les arrêts de travail sont plus nombreux que les arrêts en gare.  (p. 215)

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La sagesse populaire qui professe qu'il faut choisir entre être heureux en amour et avoir de la chance au jeu semble oublier que la vie de couple est une loterie.  (p. 219)

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L'avantage du très grand âge réside dans la disparition quasi quotidienne des gens qu'on n'aimait pas.  (p. 221)


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Jadis, quand un vieillard racontait toujours la même histoire, on le soupçonnait de gâtisme. Aujourd'hui, on se félicite qu'il n'ait pas Alzheimer.  (p. 224)

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lundi 18 décembre 2017

Chronique d'une fin de règne - Patrick Rambaud


Chronique d'une fin de règne
 
Patrick Rambaud



Bonjour à toutes et à tous,
 
Aujourd'hui, je vous présente un livre au vitriol qui nous remet en mémoire les divers évènements (heureux comme malheureux, drôles comme tristes, voire ridicules parfois) qui se sont déroulés durant la dernière partie du quinquennat (ou du "règne") de François Hollande, septième livre du genre écrit par Patrick Rambaud, déjà auteur de cinq chroniques similaires sur le "règne" de Nicolas Sarkozy et d'une chronique sur le "règne" de François Hollande, alias François-le-Petit.

Je vous présente donc le livre Chronique d'une fin de règne de Patrick Rambaud.


A. Caractéristiques du livre

Titre =  Chronique d'une fin de règne
Auteur = Patrick Rambaud
Edition - Collection = Grasset
Date de première parution =  2017
 
Note pour le livre = 13 / 20

 
B. Description de l'œuvre sur la quatrième de couverture
Rien ne va plus au royaume de France : le duc d'Evry bouillonne, Nicolas le Flambard ne s'est jamais résolu à la perte du Trône, le duc de Cherbourg recherche un dangereux Abdelkader Youssouf Cruchon, mademoiselle de Montretout se cache et ne montre plus ses dents... 2016, année difficile.

Entre House of Cards et Game of Thrones, il nous reste la chronique facétieuse, hilarante, terrible, d'un règne qu'on espère vite oublier. C'est compter sans le talent de Patrick Rambaud. Rire ? Oui, mais de tout, Majesté !

C. Mon avis sur le livre
J'avais adoré la chronique précédente  (François-le-Petit. Chronique d'un règne) qui relatait le début du "règne" de François Hollande, alias François-le-Petit. Un écrit au vitriol, avec une ironie persistante et un humour grinçant qui couraient tout au long des pages.

Je suis un petit plus déçu de ce nouvel opus qui relate les évènements qui se sont déroulés entre début 2015 et début 2017 (les attentats, l'état d'urgence, le Brexit, les élections de Trump et de Morales, les brouilles au FN, la primaire de la droite, la défection de François Hollande...). Certes l'ironie est toujours présente (en témoignent les divers surnoms donnés aux hommes et femmes politiques ou encore certaines phrases bien tournées qui pourraient faire valoir des ennuis à n'importe qui) mais l'humour grinçant a, me semble-t-il, quelque peu disparu de cet opus. En effet, en lisant l'opus précédent, j'étais très souvent plié en deux de rire...cette fois-ci, ce n'est pas le cas (peut-être les évènements relatés (notamment les divers attentats qui ont endeuillé la France) sont-ils responsables du manque de drôlerie de cette nouvelle chronique).

Néanmoins, l'ironie toujours présente nous permet de passer tout de même un très bon moment de lecture...En espérant que Patrick Rambaud puisse écrire une nouvelle chronique sur le début de règne de M. Macron.

PS : Voici le lien vers l'avis que j'avais donné à propos du dernier opus, intitulé François le Petit. Chronique d'un règne :

https://leslecturesduprofesseurdan.blogspot.be/2016/02/francois-le-petit-chronique-dun-regne.html 

 
D. Quelques bons passages du livre
 
C'était de la parlote mais le souverain espérait l'emporter en notoriété par son allure stoïque et compatissante à la fois. Il se sentait ragaillardi par les malheurs collectifs. Il tenait enfin un rôle à sa mesure, jouait de son embonpoint rassurant d'employé modèle, tournait d'une voix monocorde de fiers laïus dont il ne restait point une seule phrase qui ne fût convenue. En réalité, il prenait le vent; il lui suffisait de profiter des courants ascendants pout planer, mais comme un passereau, plutôt que comme un aigle. Ses mots s'effaçaient, aussitôt prononcés.  (p. 18)

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Les attentats des barbaresques avaient revigoré François-le-Mollasson. Dans pareille circonstance il avait poussé devant sa détermination, laquelle redonna à son portrait des couleurs plus franches et moins lavasses. On vit le mercure dans son baromètre politique monter en une seule fois de vingt et un points. Son peuple le jugeait soudain capable de prendre des décisions, ce qui était parfaitement neuf.  (p. 28)
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Nous étions arrivés sans y prendre garde dans l'Âges des Victimes qui suivaient immédiatement l'Âge de Pierre et l'Âge des Ténèbres. François-le-Larmoyant en était l'une des principales figures. Tout était bon pour un hommage. (p. 44)

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Comme pour les terroristes, ses voisins et ses proches (cf. ceux d'Andreas Lubitz, le pilote fou de la Lufthansa)  le décrivent sympathie, poli et drôle. S'il avait porté un nom arabe, les gazettes l'auraient qualifié d'islamiste. (p. 47)
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Le duc d'Evry, d'abord, c'était un style. Il employait dans ses textes des mots fort exagérés pour tenir l'attention et affirmer sa dureté . Quand il parlait d'islamo-fascisme, il frappa les esprits faibles par référence; l'islamisme radical en usage était trop tiède à son goût; radical évoquait les banquets méridionaux d'avant-guerre, des messieurs à gros bedons aux gilets déboutonnés et aux teints cramoisis, goguenards, le verre en main, sympathique en somme. Quand il parla d'apartheid à propos de nos banlieues sacrifiées, il espérait choquer et il y parvint. (pp. 52-53)

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Nicolas-le-Mauvais ne s'était jamais résolu à la perte du Trône. Dans sa tête et dans ses mœurs, il régnait toujours et entendait maintenir un protocole à son usage personnel. La réalité le contrariait mais il voulait maintenir son rang. Chef de parti, voilà ce qu'il était devenu aux yeux des malveillants, et lorsque son homologue du Parti social voulut l'inviter à participer à la marche des chefs d'Etat, près du métro Voltaire, il ne daigna pas lui répondre; il fallut que le duc d'Evry lui-même s'en chargeât. Il boudait.  (p. 55)

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Nombreux étaient ceux qui ne croyaient pas un mot de ce revirement. En privé, un des dignitaires du Parti Impérial confia : "Il n'a pas changé. C'est Hibernatus. Vous le mettez dans la glace, vous le sortez deux ans plus tard : c'est le même !" Cependant, Nicolas-le-Sanctifié n'en démordait pas. Il n'était plus autoritaire comme avant, il ne songeait même plus à écraser ses adversaires, le répétait, mais cela lui permettait en douce de les dévoiler...L'ancien monarque adoptait la posture du vieux sage et retenait ses tics nerveux. Il n'était plus impatient, ne voulait qu'apaiser les querelles, écoutait en silence les réunions les plus barbantes, mais souriait et regardait souvent sa montre de prix; puis il remerciait les orateurs dont il avait peu suivi le raisonnement. de temps à autre, une phrase lui échappait : "Pour une fois on ne s'est pas trop emmerdés..." (p. 57)

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Hélas, les doctrines des populistes et des impérieux de Nicolas-le-Foldingue se confondaient souvent. Aussi y avait-il un mouvement de désertion du Parti Impérial  vers le Front Populiste. Des maires de cité-dortoir déchirèrent leurs cartes et écoutèrent, par exemple, la chansonnette serpentine du docteur Ménard qui avait armé sa police municipale à Béziers, nettoyé son centre-ville et maudit les petits Arabes qui encombraient ses écoles.  (p. 65)

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Le Front Populiste s'enracinait.

Il montait le peuple contre les élites et la province contre Paris, renouant avec l'éternel balancier : les Chouans contre les Jacobins. Les populistes parlaient aux villageois abandonnés, voulaient pour les attirer relancer le commerce de proximité, maintenir les services publics qui fermaient. sans une poste, une école, un bistrot, que devient une bourgade ?   (p. 66)
 
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Immigration, sécurité, laïcité, voilà ses thèmes. Nicolas-le-Clivant voulait interdire le voile musulman à l'Université, rejeter les repas de substitution dans les cantines scolaires; dresser les Français les uns contre les autres semblait payer.   (p. 70)

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Le duc d'Evry pensait que les mots devaient affirmer une réalité, sans la travestir, ni la maquiller. Il en usait sur le registre de la tragédie, reconnut avec douleur le naufrage du Parti social et la perte d'au moins cinq cents de ses candidats, écrabouillés par le désintérêt ou la colère de ces classes populeuses qui se tournaient en nombre vers les partis populistes. C'était prévu mais pénible. Il aurait fallu dire aux démunis que les caisses étaient vides, qu'on allait inventer un nouveau système pour les soutenir quand ils se noyaient, transformer les chômeurs en apprentis, sabrer le surcroît des fonctionnaires tatillons qui les tracassaient. Avec qui marcher désormais ?    (p. 71)

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Avec ses propos volontaires, le duc avait permis qu'on remobilisât les moins désabusés, soit, million de personnes qui empêchèrent de tout perdre.   Hélas le parti était rouillé et la gauche se détricotait en paroisses, les paroisses en églises, les églises en chapelles et les chapelles en patronages. La moitié des inscrits du Parti Social avait payé sa cotisation; l'argent ne rentrait plus, les fédérations maigrissaient à chaque scrutin, les déçus se changeaient en démissionnaires, la gauche penchait à droite.

Le Prince était responsable de cette dégringolade. Ses sujets, ne voyant aucune différence entre sa politique et celle détestée des précédents monarques, lui tenaient rigueur de cette continuité. En effet, il baissait les charges des entreprises, qu'il choyait, sans se soucier des travailleurs qui les faisaient tourner, taillait dans les dépenses publiques, menait au loin des guerres dispendieuses, vendait des canons et s'en félicitait, serrait les mains des autocrates. Il avait tourné en ritournelle son slogan, mais Le changement, c'est maintenant restait sans effet, comme ses promesses de réduire le chômage. Sa Majesté n'avait aucun projet, peut-être une méthode mais pour aboutir à quoi ? Il n'avait pas d'idées.

Le Prince était vide. C'était son rôle.   (pp. 113-114)

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Le Patriarche (cf. Jean-Marie Le Pen)  éconduit envenima la querelle. Sautant une génération, il sentait qu'il se réincarnait chez sa petite-fille, une blonde angélique que ses compères avaient surnommée Marionnette, car elle s'appelait Marion, mais ce sobriquet avec une réalité, car de ce pantin le grand-père tirait les fils.  (p. 79)

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L'épiscopat semblait favoriser Marionnette et lui apporter de pieux électeurs comme les santons de la crèche. (p. 82)

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Les gens s'échauffaient pour des broutilles et notre Prince s'y était habitué. Il continuait à ne jamais rendre compte que des bonnes nouvelles qui auraient pu servir et réjouir ses sujets; il ne savait pas faire la roue.  (p. 91)

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Le baron Bolloré incanrait à la perfection ce que Sir Bertrand (cf. Sir Bertrand Russell) exécrait. Cette homme sentait à plein nez la monnaie et les chiffres plus que le varech de sa Bretagne natale. Quoiqu'il touchât, comme le roi Midas de notre mythologie, il le transformait en or. Grandissant, le baron ramassa ses talents industrieux et poursuivit un objectif unique : il allait s'enrichir et s'enrichir encore pour la satisfaction d'amasser en famille dans un pays de plus de neuf millions de pauvres.  (p. 93)

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La baron Bolloré détestait son image qu'il ressentait déformée par les gazettes, et peu à son avantage. Il régnait cependant sur ses employés par une terreur qui provoquait chez eux des rires nerveux car il leur souriait en les menaçant, et ils essayaient de deviner ses humeurs pour les épouser avec servilité et à propos.  (p. 94)


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Il y eut un temps où les gazettes étaient dirigées par des gens de ce métier qui avaient pour fonction de traquer, vérifier et publier de informations lisibles et claires, sans subir la moindre pression sur les sujets traités. Et puis les industriels se mirent à régenter les gazettes auxquelles ils ne connaissaient rien, sinon qu'elles devaient servir leurs produits et donc leurs intérêts financiers. Elles devaient être rentables. Autrefois, le vin et le tabac circulaient dans les salles de rédaction bruyantes, quand trépidaient les Underwood noir et or et résonnaient les forts éclats de voix; on ne comptait pas les heures, on vivait, on discutait, on s'engueulait, on se contredisait, on riait; des papiers de qualité surgissaient de ce sacré foutoir. Désormais, les salles de rédaction étaient silencieuses comme des cliniques; pas un mot, pas un bruit, plus de tabac en nuages dans l'air filtré, quelque chose d'aseptisé et de morne;  chacun avait les yeux collés à ses écrans avec des mines coupables . Les consignes s'étaient substituées aux envies. (p. 97)

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Si Bertrand Russell, notre vieil ami, avait pourtant prévenu : "L'idée que les activités désirables sont celles qui engendrent des profits a tout mis à l'envers.". Et il ajoutait quelques feuilles plus loin : "La morale du travail est une morale d'esclave, et le monde moderne n'a nul besoin de l'esclavage." Rassurez-vous, M. le baron, comparés à vous les Nobel sont des farfelus parfaitement stupides. (p. 101)


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Sous le règne de François-le-Souple, les mouvements de protestations, les grèves s'enchaînaient et se chevauchaient avec une jolie régularité. les unes après les autres, les corporations se fâchaient contre des mesures jamais expliquées. Les réformes de l'éducation indisposaient par principe et il y avait des raisons à cela; à force d'égaliser les chances dans des classes bondées et disparates qui reflétaient le quartier où s'ouvrait l'école, les responsables des académies nivelaient pour atteindre un niveau proche du sol.  (p. 109)

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Sur une radio algérienne, la duchesse émérite de Cayenne, Mme Taubira, annonça que la mesure allait être retirée. À gauche, on respira mais la duchesse ne s'était pas concertée avec le Château, où François-le-Malmené n'en démordait pas : sa parole, il finissait par y tenir, tant l'adversité lui regonflait les plumes.  (p. 131)

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On apprit alors que deux équipes de terroristes venaient d'être interceptées à Orléans et à Montpellier. Comment allait réagir l'opinion publique ? François-le-Roublard hésitait à se prononcer pour ou contre (l'état d'urgence) et demeurait muet comme une statue; son état normal.  (p. 132)


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La baron Finkie, chemise à col ouvert et mèche longue sur les lunettes, vint se renseigner une nuit sur la place de la République. Il s'adonnait à la philosophie dans des livres, sur les ondes et les fenestrons, n'étant aucunement privé de parole. Il ne cherchait d'ailleurs pas à prendre le crachoir, mais à écouter les discussions. Seules les oreilles restaient ouvertes. Il gardait son air de chien triste et ses mimiques souffrantes, lointain parent de ce Roger Gicquel, qui exerçait autrefois au journal de vingt heures que les spectateurs de l'époque considéraient comme la messe de l'information; M. Coluche riait de lui en disant : "Quand un avion s'écrase quelque part dans le monde, il tombe toujours sur les pompes de Gicquel."   (p. 145)


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Le duc d'Evry avait d'autres rivaux à qui se mesurer. Le comte Macron était le plus évident. Il était insupportable depuis des semaines, plaçant désormais sa vie privée en avant pour attendrir ses partisans éventuels. Il s'était détaché de gouvernement tout net, pour jouer, jusqu'à l'élection Suprême, une traversée en solitaire. Certains se gaussaient : qui allait appuyer son aventure ? [...] Avait-il un programme ? Nulle importance. Il avait un ton. Et il savait que les programmes trop rigides, trop ficelés ne servaient guère plus que les cymbales dans un orchestre symphonique, que les idées lancées se modifiaient à mesure qu'on les exposait, modelées selon les auditoires.  (p. 147)

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À cause des attentats dont nous souffrions, le port du burkini fut vécu comme une provocation islamiste. La cinquième colonne des vêtements.  (p. 169)

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En dépit des études d'opinion et à l'issue d'une interminable campagne où il franchit chaque obstacle, le Donald fut élu à la Maison Blanche malgré ses mauvaises manières, ses injures, sa vulgarité et ses énormes mensonges, mais la vérité semblait ne plus servir à rien; les électeurs se laissaient berner par les discours inconvenants proférés contre les tenants d'une politique convenable, qui ne les satisfait pas. Lorsqu'il prétendait que le réchauffement de la terre provenait de la propagande chinoise pour détruire l'économie américaine, Donald avait raison, même si trois millions de mètres carrés de banquise avaient fondu dans l'année et que les eaux montaient, même si les ouragans tropicaux étaient de plus en plus violents. Pour qu'il s'en rendît compte, il eût fallu que Donald  rejoignît son appartement de la Trump Tower à la nage.  (p. 183)
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La vérité était ce qu'on en faisait. Même pas la peine de faire semblant, il suffisait de dire avec force, que ce fût vrai ou faux n'importait plus. Les réseaux électroniques qui pénétraient les sociétés étaient un merveilleux vecteur de bêtises honteuses et Donald en abusait. [...] À quoi servait donc un programme quand on possédait l'art d'embobiner autrui ?   (p. 185)
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Le programme du duc de Sablé était si affolant que ne pouvaient l'avaler que les deux millions de retraités qui lui avaient confié leurs suffrages, sans même l'avoir lu, parce qu'il les apaisait par son sérieux, auxquels s'ajoutèrent une large portion de catholiques raidis dans leurs convictions; ils y reconnaissaient les mots durs d'un de leurs prophètes.  (p. 195)
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