samedi 2 avril 2016

Sans titre de noblesse - Raymond Devos



Petite trouvaille
 
Sans titre de noblesse de Raymond Devos
 
 
 
Re-bonjour à toutes et à tous.

La seconde chronique, aujourd'hui, portera un roman que j'ai eu le bonheur de trouver dans une brocante durant ma petite semaine de vacances en Normandie. Ce roman s'intitule Sans titre de noblesse et est écrit par le maître des mots, le maître du jeu de mots, Raymond Devos.
 
 
A. Caractéristiques du roman
 
Titre =  Sans titre de noblesse
 
Auteur =  Raymond Devos
 
Edition - Collection = Collection Livre de Poche, n° 30749
 
Date de première parution = 2007
 
Nombre de pages =  176 pages

Ma note pour le livre =  15/20
 
 
B. Petit mot sur l'auteur
 
Raymond Devos est né à Mouscron le 09 novembre 1922 et est décédé à Saint-Rémy-lès-Chevreuse le 15 juin 2006, suite à plusieurs AVC.                 
Enfant, Raymond Devos rêve d'être un artiste. Il se découvre très tôt un don pour raconter des histoires. Sa soif de connaissance est immense et, longtemps après avoir arrêté ses études, il continue à faire preuve d'une curiosité qui n'a d'égale que sa volonté d'apprendre.
 
Elevé dans une famille de mélomanes, il joue lui-même de la harpe, de la clarinette, du piano... Il commence à suivre des cours de théâtre, qui sont interrompus par la guerre. Raymond Devos est soumis au service du travail obligatoire. Loin de se résigner, il organise quelques spectacles improvisés au bon plaisir de ses compagnons d'infortune.
 
Désireux d'écrire ses propres textes, il s'essaye au one man show où il met en exergue son don indéniable pour les jeux de mots. Il s'approprie la langue française pour lui insuffler une note poétique.
 
Le succès est au rendez-vous et Raymond Devos multiplie les apparitions dans les salles de spectacles, accompagné de son fidèle pianiste. Les plus grandes salles l'accueillent : Bobino, l'Olympia...
 
Musicien, mime, jongleur, équilibriste, ce comique aux talents multiples a réalisé son rêve en devenant un artiste unique, reconnu et apprécié.
 
C. Description de l'œuvre (Livre de Poche)
 
Un soir de Noël, on trouve dans l'église d'un petit village un enfant abandonné dans la crèche, près du petit Jésus.

Il est confié au baron Louis Charles Maximilien de La Touche et à son épouse. Ainsi débute l'existence très mouvementée de Clément de La Touche, qui, en compagnie de son majordome Amédée, ira de tribulations en tribulations, toutes plus cocasses les unes que les autres.
 
On retrouve dans ce roman épique et picaresque l'univers incomparable de Raymond Devos, plus enchanteur que jamais.

D. Mon avis sur le roman
 
Quand j'ai trouvé ce roman dans un carton de vente d'une brocante, j'étais aux anges, car, appréciant énormément le talent de Raymond Devos et ses sketchs cultes (je dois avouer que mon préféré est "Le possédé du percepteur").
 
Dès le début du roman, nous retrouvons l'univers loufoque du maître Devos, et nous retrouvons ce grain de folie tout au long du roman. Il conte l'histoire d'un jeune comte, complètement loufoque, à la limite de la folie qui, à la mort de son père (adoptif), hérite de son grand domaine. S'ensuivent une série de tableaux, tous plus absurdes les uns que les autres, à l'image de leur auteur.
 
Je n'aurais qu'un seul petit regret à formuler : de la part de Raymond Devos, je m'attendais à trouver dans ce roman des jeux de mots dont seul M. Devos avait le secret. Malheureusement, mis à part quelques petits jeux de mots par-ci, par-là, le style demeure assez simple et linéaire.

Néanmoins, la loufoquerie du personnage principal nous permet de passer un bon moment de lecture et les scènes un peu cocasses nous feraient parfois penser à du Beckett ou à du Ionesco (enfin, selon moi).
 
 
 

 

Un hiver à Paris - Jean-Philippe Blondel



Livres acquis au Salon du Livre de Bruxelles IV
 
Un hiver à Paris de Jean-Philippe Blondel
 
 
 
Bonjour à toutes et à tous.
 
Après une petite semaine de vacances, je vous propose en ce beau samedi deux chroniques


La première chronique, aujourd'hui, portera sur un roman que j'ai une nouvelle fois acquis lors de cette caverne d'Ali Baba qu'est la Foire du Livre de Bruxelles. Ce roman s'intitule Un hiver à Paris et est écrit par Jean-Philippe Blondel.
 
Ce roman, librement adapté des propres souvenirs de prépa de l'auteur, conte l'histoire de Victor,un jeune homme en classe préparatoire de lettres, qui vit en direct le suicide d'un camarade qui était plus jeune que lui d'un an et avec qui il avait commencé à tisser des liens, Mathieu Lestaing. Une pléiade de personnages vient alors envahir la vie de Victor : Paul, un jeune homme élégant homosexuel qui va se lier d'une amitié (vraie ou fausse) avec Victor, Armelle qui deviendra sa petite amie et surtout Patrick, le père de Mathieu Lestaing dont il deviendra le confident, ce qui fera quelque peu jaser.



A. Caractéristiques du roman
 
Titre =  Un hiver à Paris
 
Auteur =  Jean-Philippe Blondel
 
Edition - Collection = Collection Pocket (Editions Buchet-Chastel pour l'édition d'origine)
 
Date de première parution = 2015
 
Nombre de pages =  179 pages

Ma note pour le livre =  14/20
 
 
B. Petit mot sur l'auteur - Notice Babelio
 
Jean-Philippe Blondel est né à Troyes (France) en 1964. Il est également professeur d’anglais dans un lycée de province.
 
Chez Delphine Montalant, il a publié en 2003 Accès direct à la plage, son premier roman, qui a rencontré un vif succès et a obtenu le prix Marie-Claire-Blais 2005, et 1979 (2004). Juke-Box (2004), Un minuscule inventaire (2005), Passage du gué (2006) – prix Biblioblog 2007 –, This is not a love song (2007) – prix Charles Exbrayat 2008 – et À contretemps (2009).
 
Sont paru aux Éditions Robert Laffont. Le Baby-Sitter (2010), G229 (2011), Et rester vivant (2011) – prix Virgin- Femina 2011 –, 06 h 41 et Un hiver à Paris (2015) ont paru aux Éditions Buchet/Chastel, qui publient en janvier 2016 son dernier roman, Mariages de saison.

 
C. Description de l'œuvre (Pocket)
 
C’est l’heure du retour de vacances. Dans le courrier en souffrance, une lettre attend Victor, professeur d’anglais depuis vingt ans. Ce qu’elle contient va raviver un souvenir enfoui.

Septembre 1984. Victor est à Paris pour sa deuxième année de prépa. Il travaille beaucoup, a peu voire pas d’amis, la compétition est de toute façon cruelle. Un jour de cours comme un autre, dans la classe d’en face on entend une insulte, une porte qui claque, quelques secondes de silence, un bruit mat, le hurlement de la bibliothécaire. Matthieu a sauté. La pression, le sentiment de transparence, la solitude ? Qu’importe. Rien, désormais, ne sera plus jamais comme avant…

D. Mon avis sur le roman
 
Ce roman de Jean-Philippe Blondel me faisait envie depuis sa sortie en janvier 2015 chez Buchet-Chastel, mais je me suis décidé à l'acheter donc à la dernière Foire du Livre de Bruxelles.
 
Je n'ai pas été déçu de ce roman qui, grâce à un style plutôt fluide rend la lecture facile et l'histoire est, qui plus, est extrêmement intéressante, car elle permet d'entrer au plus profond dans la psychologie des différents personnages après ce drame qu'est le suicide d'un jeune homme.
 
Néanmoins, j'émettrai un petit bémol quant à l'écriture justement. Elle est certes fluide, mais parfois la fluidité tombe dans la banalité. Par moments, l'histoire ressemble à toute autre histoire, sans sortir vraiment d'une écriture ordinaire, d'où la note plus basse.
 
Toutefois, il s'agit d'un chouette roman, même s'il faut supporter le fait de voir souvent rappelé le suicide du jeune homme et les détails de ce dernier. Une lecture facile pour passer un bon moment.
 
 
E. Quelques phrases marquantes du livre
 
Septembre 1984
Le monde ne ressemblait pas à ce qu'avait prédit Orwell. Au début de l'année, dans un relatif anonymat, la petite firme Apple avait lancé son nouveau produit, le Macintosh. L'Exposition Universelle se déroulait à la Nouvelle-Orléans. Tchernenko était élu secrétaire général du parti en URSS, mais une nouvelle figure faisait de plus en plus parler d'elle, un cadre nommé Michaïl Gorbatchev. De l'autre côté de l'Atlantique, les Américains se préparaient à réélire Ronald Reagan. The Police chantait sur toutes les scènes du monde qu'à "chaque inspiration que tu prendras, chaque mouvement que tu feras, je t'observerai." Annie Lennox  et Dave Stewart scandaient que les "doux rêves sont faits de ça, qui suis-je pour être en désaccord ?" Les Jeux Olympique avaient eu lieu à Los Angeles.  (p. 19)
 
* Depuis peu, après le déjeuner, je fumais une cigarette avec un élève d'hypokhâgne. Il s'appelait Mathieu, il avait un an de moins que moi, il venait de quitter la ville de Blois où il avait toujours vécu. Il trouvait le déracinement difficile, d'autant qu'il s'était cru brillant et découvrait depuis la rentrée qu'en fait il était un nain sur les plans intellectuel et culturel. Ses amis lui manquaient. Ses parents aussi. Ils venaient de se séparer. Tout changeait. Il me rappelait moi, l'année précédente. Il soupirait. Il me demandait des conseils. Je répondais maladroitement. Je glissais que je n'étais sans doute pas la meilleure référence sociale. J'ajoutais qu'au bout d'un moment il trouverait sûrement son rythme.  (p. 30) 
 
* Clauzet était l'un des pires spécimens d'enseignants que j'avais rencontrés. Convaincu de son importance, lui qui n'avait rien publié d'autre que de petits articles dans d'obscures revues universitaires et dont la Grande Ambition se limitait à un éventuel "Que sais-je ?" sur le classicisme - projet sur lequel il ne cessait de gloser. Persuadé d'enseigner l'élite mondiale qui devait néanmoins être traitée comme tout étudiant de classe préparatoire, voire comme tout élève de collège ou de lycée : avec un dédain affiché et, de temps à autre, une syllabe de reconnaissance et d'encouragement, telles des miettes négligemment lancées à des pigeons. Il était célèbre pour ses réparties blessantes, ses saillies drolatiques, qui crucifiaient ses victimes. [...] Vomir la jeunesse pour son inculture n'est qu'une ultime preuve de la détestation de soi.  (pp. 36-37)

* Je commençais à comprendre que, plus tard, j'aimerais enseigner, moi aussi. Transmettre. Pas seulement des savoirs, mais aussi un décryptage du monde et des codes sociaux et culturels qui permettent de s'adapter ou de s'intégrer à n'importe quel groupe préexistant. Ce que je souhaiterais avant tout à mes élèves, ce serait de ne jamais se retrouver dans la situation, qui était la mienne depuis plus d'un an. Je ferais tout pour que cela n'arrive pas.  (p. 41)

* Je savais que l'expression lui plairait. C'était la formule magique, à la maison. Faisons comme si tout était normal. Avec l'idée sous-jacente que, en procédant de la sorte, tout redeviendrait normal tôt ou tard et qu'on n'aurait même pas senti la période douloureuse. Elle se serait juste infiltrée dans les veines et les artères, incorporée. Prête à ressurgir à la moindre faiblesse physique.  (p. 58)

* Le premier cours de la semaine était le cours de lettres, Mme Bréquet. Nous nous sommes installés calmement. Raclement des chaises, cliquetis des sacs, frottement des cahiers - et puis, plus rien. La messe. Nous étions à la messe. Nous attendions l'oraison. Le discours salvateur qui permettrait de rendre hommage au disparu tout en élevant nos âmes et en nous permettant de nous ancrer dans l'après.  (p. 68)

* Face à moi, les tableaux de tous les hommes illustres qui avaient étudié entre ces murs.  Aucune femme. Normal. La féminité était une découverte relativement récente dans ce milieu-là. Etonnant tout de même quand on songeait à toutes ces romancières anglo-saxonnes dont nous disséquions les œuvres et à ces figures mythiques du nouveau roman dont on nous rebattait les oreilles. (p. 81)

* Tout plaquer comme ça n'était pas possible que lorsqu'on était issu du milieu social de Paul et de son frère. C'était une question de moyens financiers, bien sûr - puisque, apparemment, le frère de Paul avait bien pris soin de vider le compte d'épargne alimenté par ses parents avant de larguer les amarres; mais c'était surtout une question de confiance en soi. La conscience d'être un individu à part entière. De se savoir intelligent et malin. D'être persuadé que, d'une façon ou d'une autre, on pourra se tirer des faux pas (pp. 91-92)

La vie c'est long. Il y a un moment où vous accumulez trop de souvenirs. Alors, vous ouvrez une trappe et les plus douloureux disparaissent. Vous l'oublierez, vous verrez.  (p. 97) 
 
* J'ai refusé les sous-vêtements en souriant. Je n'irais pas jusque-là. J'étais prêt à me laisser entretenir, mais j'étais une putain à principes.  (p. 112) 

* J'invente. Je brode. Je ne comprends pas d'où me vient ce ton docte et sûr de moi. Je me découvre des talents de menteur. De romancier. Mathieu est mon personnage maintenant. Je m'immisce dans ses pensées. C'est étrangement jouissif.  (p. 118) 

Les langues étrangères, vivantes ou mortes, apaisent la réalité. (p. 119) 

* Mieux vaut devenir le maître des illusions que le jouet de ceux qui vous entourent. (p. 136)