mardi 13 octobre 2015

Serge Reggiani - Nous nous sommes tant aimés




Nous nous sommes tant aimés
 
 
Serge Reggiani
 
 
 
 
Bonjour à toutes et tous,
 
 
 
Aujourd'hui, l'article fait suite à l'excellent documentaire passé hier sur France 3 qui retraçait la vie d'un artiste que j'adore et dont les chansons font partie de ma vie : M. Serge Reggiani.
 
Je vous parlerai, en plus, d'une biographie le concernant que j'ai lue il y a quelques mois : Serge Reggiani ou l'acteur de la chanson par Daniel Pantchenko.
 
 
 
                      Serge Reggiani sur scène dans la pièce Les Séquestrés d'Altona de Jean-Paul Sartre
 
 
Résumé de sa biographie
 
Serge Reggiani, né en 1922 en Emilie-Romagne et décédé en 2004, était un fils d'émigrés italiens qui ont fui le régime fasciste de Mussolini. La petite famille débarque à Yvetot en Haute-Normandie mais n'y restent que très peu de temps et déménagent à Paris. Le jeune Sergio (ou Serge) commence comme garçon coiffeur dans le salon de son père, mais il s'aperçoit très vite qu'il n'est pas fait pour ce métier et commence très vite à prendre des cours de comédie.
 
En effet, avant d'être le chanteur que l'on connaît, Serge Reggiani a été un des plus populaires acteurs du cinéma et du théâtre français : il a joué dans environ 120 films tant au cinéma qu'à la télévision.
 
Il a notamment joué dans des films restés cultes tels que :
 
- Casque d'Or de Jacques Becker avec Simone Signoret
- Vincent, François, Paul et les autres de Claude Sautet avec Yves Montand et Michel Piccoli
- Le Guépard de Luchino Visconti avec Alain Delon 
- L'Armée des Ombres de Jean-Pierre Melville avec Lino Ventura
- Les Misérables de Jean-Paul Le Chanois avec Jean Gabin et Bourvil où il interprétait le rôle d'Enjolras, le meneur de la révolte de 1830.
 
 
Scène du film Vincent, François, Paul et les autres
 
Au théâtre, son rôle le plus célèbre restera celui d'un officier allemand dans la pièce Les Séquestrés d'Altona de Jean-Paul Sartre, qu'il a créé en 1958 et qu'il reprendra quelques années plus tard. Mais il a également joué dans de très célèbres pièces telles que Les Parents terribles de Jean Cocteau ou Les Justes d'Albert Camus
 
C'est alors qu'il a atteint la quarantaine et qu'il est au sommet de sa gloire cinématographique qu'il se lance dans une carrière de chanteur, sous l'impulsion de la chanteuse Barbara (interprète de l'Aigle Noir). Il fera alors la brillante carrière qu'on lui connaît, bien qu'elle fut émaillée, au départ, de quelques échecs. Reggiani avait pour habitude de ne pas écrire ses propres textes et, pour ses succès, a fait appel aux plus grands paroliers comme Georges Moustaki, Jean-Loup Dabadie ou encore Claude Lemesle.
 
Il restera l'interprète de chansons inoubliables telles que :
 
- Il suffirait de presque rien,
- l'Italien,
- Sarah  (écrite par Georges Moustaki)
- Ma Liberté
- Ma Solitude
- Hôtel des Voyageurs,
- Les loups sont entrés dans Paris (qui fait référence à l'invasion nazie dans Paris),
- Le petit garçon
- Ma fille
- Votre fille a vingt ans
Ma dernière volonté
- Le Déserteur  
- ...
 


Mais comme tout le monde, Serge Reggiani avait sa part d'ombre. Deux évènements ont particulièrement assombri sa vie

* La première a été le suicide de son fils Stéphan : Stéphan Reggiani voulait être chanteur mais il n'a jamais réussi à se faire un prénom face à la stature de son père. Les fans du clan Reggiani ne cessaient de faire valoir une comparaison entre le père et le fils. Stefan se suicide en 1980 à l'âge de 35 ans, laissant son père dans un grand désespoir.

* La deuxième part d'ombre de Serge Reggiani fut son addiction notoire à l'alcool. En effet, Reggiani fut, durant son existence, un amateur de ce paradis artificiel, au point d'en nier la maladie. Plusieurs de ses chansons parlent d'ailleurs de cette addiction : La chanson de Paul et Mensonges d'un père à son fils.


Critique de la biographie de Daniel Pantchenko

Avec cette biographie de M. Serge Reggiani qui fut un des plus grands artistes de la chanson française, Daniel Pantchenko nous offre un récit merveilleusement écrit de la vie de cet artiste, avec un style tout à fait neutre mais à l'efficacité incontestable.

Un des points forts de cette biographie est que l'auteur n'élude absolument aucun aspect de la personnalité complexe de M. Reggiani, racontant ses accès de colère, les rapports compliqués avec son fils Stefan ou encore le démon de l'alcool qui n'a cessé de tourmenter sa vie.


En bref, une très grande biographie, objective, documentée et écrite avec énormément de style. A lire absolument !


Voilà pour mon article sur cet immense artiste qu'était Serge Reggiani, à bientôt pour un nouveau papier, en espérant qu'l s'agisse d'une critique de livre, cette fois-ci !
 


dimanche 11 octobre 2015

Michel Audiard




Quel cinéma !
 
Michel Audiard
 
 
 
Parmi tous les centres d'intérêts que je voulais vous présenter dans ce blog, le cinéma occupe une bonne place. Toutefois, je ne parlerai pas de n'importe quel cinéma : je parlerai de celui que l'on nomme le cinéma de papa, le vieux cinéma français qui eut cours entre les années 40 et les années 70-80.
 
 
Un des grands représentants de ce cinéma est un immense dialoguiste dont on parle encore aujourd'hui, trente ans après sa disparition : il s'agit de MICHEL AUDIARD.
 
 
Michel Audiard reste encore aujourd'hui le plus connu des dialoguistes du cinéma français. Il avait comme caractéristique de faire sortir le cinéma de l'ordinaire en utilisant des mots du langage populaire (sans pour autant verser dans l'argot).
 
Il fut le dialoguiste de plus d'une centaine de films dont certains restent des grands classiques du cinéma français, j'en veux pour exemple la liste suivante :
 
* Les Tontons Flingueurs de Georges Lautner (avec Lino Ventura et Bernard Blier)
* Les Barbouzes de Georges Lautner (avec Lino Ventura et Bernard Blier) 
* Un taxi pour Tobrouk de Denys de la Patellière (avec Lino Ventura et Charles Aznavour)
* Garde à vue de Claude Miller (avec Lino Ventura et Michel Serrault)
* Trois films de Maigret de Jean Delannoy (avec Jean Gabin)
* Le Pacha de Georges Lautner (avec Jean Gabin)
* Mélodie en sous-sol d'Henri Verneuil (avec Jean Gabin et Alain Delon)
* Un singe en hiver d'Henri Verneuil (avec Jean Gabin et Jean-Paul Belmondo)
...et j'en passe et des meilleurs
 
 
Photo de la "Scène de la cuisine" dans Les Tontons Flingueurs
 
 
Il fut également le réalisateur de plusieurs films qui ont pour caractéristique commune d'avoir les titres les plus longs jamais portés par des films français (record que personne n'a jamais pu égaler depuis)
 
* Faut pas prendre les enfants du Bon Dieu pour des canards sauvages
* Elle fume pas, elle boit pas, elle drague pas... mais elle cause (avec Annie Girardot)
* Comment réussir quand on est con et pleurnichard (avec Jean Carmet)
 
 
 
Il est également l'auteur de très grandes répliques que l'on retient encore aujourd'hui :
 
- Tu te rends comptes ! En pleine paix ! Il chante et puis crac ! un bourre-pif, mais il est complètement fou, ce mec ! Mais moi, les dingues, j'les soigne ! J'vais lui faire une ordonnance, et une sévère ! J'vais lui montrer qui c'est Raoul ! Aux quatre coins de Paris qu'on va le retrouver éparpillé par petits bouts, façon puzzle ! Moi quand on m'en fait trop je correctionne plus ! Je dynamite, je disperse, j'ventile...  (Bernard Blier dans Les Tontons Flingueurs)
 
- Les cons, ça ose tout. C'est même à ça qu'on les reconnaît ! (Lino Ventura dans les Tontons Flingueurs)
 
- Quand on mettra les cons sur orbite, t'as pas fini de tourner ! (Jean Gabin dans Le Pacha)
 
- Si la connerie n'est pas remboursée par les assurances sociales, vous finirez sur la paille. (dans Un singe en hiver)
 
- Quand les types de 130 kilos disent certaines choses, ceux de 60 kilos les écoutent.  (dans 100.000 dollars au soleil)
 
 
Bref, pour ceux qui veulent en connaître plus sur ce génie du cinéma français (qui était cependant raillé par les cinéastes de la Nouvelle Vague), je vous enjoins à regarder un excellent documentaire sur lui, diffusé ce soir, dimanche 11 octobre, sur la chaîne Arte, aux alentours de 22H15.